13.12.2009

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Que devons-nous faire ? - Luc 3, 10-18

Sophonie 3, 14-18; Phiippiens 4, 4-7

 

Jean-Baptiste, celui qui prépare la venue de quelqu’un de plus grand que lui… Je me suis souvent demandé en quoi Jean-Baptiste était le précurseur de Jésus…

Jean constatait l’étiolement de la foi de ses contemporains, il les voyait rester frileusement sur l’acquis – « nous sommes descendants d’Abraham, les promesses sont pour nous, nous n’avons rien à prouver de plus » -, et en les appelant à la conversion, il les découvrait peu enclins à des actes significatifs, à un changement réel. Alors il les apostrophe, il les interpelle, il emploie des mots durs, il les secoue : des descendants d’Abraham, Dieu peut en susciter même parmi les pierres !

D’où cette question, invariable, de ses interlocuteurs : « Mais alors, que devons-nous faire ? ».

La réponse est aussi invariable, que ce soit aux simples passants, aux collecteurs d’impôts, aux militaires : dans ce que vous faites habituellement, faites AUTREMENT, avec le partage en point de mire, en objectif principal !

 

Parfois on imagine la « conversion », le changement, comme quelque chose de menaçant, comme un renoncement tellement énorme qu’on ne peut qu’hésiter à s’y lancer… Pourtant, il ne s’agit pas de cela ! Pour Jean, qui « prépare le terrain », le Baptême offert à chacune, chacun, est signe d’une volonté de s’ouvrir à un monde nouveau, où c’est réellement la justice qui est au centre de toute relation : aux soldats, il parle d’équité - contentez-vous de votre solde ! -, aux collecteurs, d’honnêteté – ne faites pas payer plus qu’indiqué ! -, et à nous tous, de solidarité – ce que vous avez à double, offrez-le à qui n’a rien !

 

Peut-être que l’on venait voir Jean par curiosité – même si les religieux et les notables étaient justement absents… -, peut-être que pour d’autres, il y avait l’attrait d’une chose un peu magique, d’une mode, ou du besoin de suivre un gourou au langage fort et ferme… quoi qu’il en soit, à toutes et tous, Jean propose un renouveau de spiritualité : donner à l’autre, c’est se sentir un peu plus proche de lui, c’est laisser de côté le souci d’amasser au profit d’un « plus » de confiance.

 

Pourquoi s’engager sur ce chemin ? Et bien parce qu’au bilan, ce que l’on imagine être des actifs pourrait bien se retrouver plutôt dans la colonne du passif… parce que ce que l’on accumule pourrait bien n’être que de la « paille », et pas du bon grain qui valait la peine d’être engrangé !

 

« Que devons-nous faire ? » : à cette question qui révèle une angoisse, Paul répond de la même façon, avec d’autres mots, dans l’épître aux Philippiens : « Soyez sans inquiétude, demandez à Dieu dans la prière ce dont vous avez besoin – et faites-le avec un cœur reconnaissant ! »

 

Ne nous laissons pas entraîner dans le discours timide et timoré du genre « nous sommes des baptisés, dans une tradition forte, cela nous suffit ! » ; au contraire, ce Baptême qui nous a été administré, nous sommes appelés à le vivre tous les jours : il y a en chacune, chacun de nous une voix qui essaie de se faire entendre, et qui est une voix de Dieu. Malheureusement, cette voix, nous l’avons bâillonnée, muselée, pour tant et tant de raisons qui nous semblent meilleures les unes que les autres… On nous a dit tant et tant de choses, sur comment il fallait être, et sur la dureté du monde, sur le besoin d’être « correct » - entendez : sur la meilleure façon de paraître aimable et d’être aimé -, que nous restons encore sur des fonctionnements de mort, comme si Jésus n’était pas déjà venu, comme si nous avions encore à gagner notre salut par nous-mêmes…

Jean-Baptiste est venu préparer le chemin, dans ce désert aride ; il est venu verser de l’eau sur les digues de sable - que nous avons élevées pour nous protéger - pour qu’elles s’écroulent…

 

Je pense à l’expérience de Paul sur la route de Damas, quand il est aveuglé, jeté à terre, quand il est dépouillé de tout ce qui fait son assurance pour se retrouver abattu et dépendant, pour se retrouver tel qu’il est dans la vérité de son être, rempli de fragilités… Lui, le rabbi, lui le Pharisien modèle, lui dont l’assurance est toute entière contenue dans sa science et sa connaissance de la Loi, il n’a plus rien que lui-même, et Dieu le construit sur cette base nouvelle.

 

Jean-Baptiste ne nous dit pas autre chose : laisser Dieu faire place nette et retrouver Lui-même ce qu’il y a de meilleur en nous, ce qui peut nous faire grandir, pour nous faire grandir.

 

Le prophète Sophonie l’annonçait aussi joliment, au moment où tombent les murailles de Jérusalem : c’est le passage obligé par un écroulement qui permet de redécouvrir la confiance en Dieu, c’est au moment où disparaissent les derniers retranchements que Dieu entre et déploie toute sa grâce, c’est quand nous ne pouvons plus compter sur nos forces que nous recevons la force irrépressible de Dieu !

Il ne s’agit donc pas tant de tendre à devenir un bon Chrétien bien charitable que de laisser Dieu restaurer ce qu’Il a mis de meilleur en nous, ce qui fait notre identité véritable de créature… la capacité d’être aimant !

 

Que devons-nous faire ? Etre nous-mêmes, faire ce que nous faisons dans un esprit de justice, c’est laisser Dieu « soulever le couvercle », laisser à Dieu le soin de visiter notre espace intérieur, et y travailler. Le seul « renoncement » auquel Jean appelle les baptisés, c’est celui du manque d’amour pour soi-même, qui nous conduit à vouloir plaire aux autres malgré nous, malgré ce que nous sommes vraiment … 

 

Le jour vient où l'on dira: « N'aie pas peur, ne te décourage pas! » : ce jour vient où la paix de Dieu peut nous habiter de l’intérieur… et c’est pour nous un nouveau Noël !

©2009 Olivier Sandoz 

 

30.11.2009

Tenir bon - Luc 21, 25-28.34-36

Malachie 3, 1-6 ; Romains 13, 11-14

L’Avent qui commence nous prépare à un événement à la fois courant, la naissance d’un bébé, et unique dans l’histoire, puisqu’il s’agit du Fils de Dieu destiné à changer pour toujours l’histoire de l’humanité.

Mais l’Avent nous rappelle aussi que nous sommes des gens «en route» vers un accomplissement, même s’il reste toujours inachevé puisque nous le répétons chaque année …

C’est pour cela que les textes aujourd’hui sont chargés de promesses, de réalisations encore en cours, et d’exhortations à tenir ferme, à tenir bon, à rester vigilant au cœur d’un monde en mouvement, dans une réalité dont nous ne tirons pas toutes les ficelles : il y avait des mots comme «angoisse», «inquiétude», «frayeur», «tremblements», qui en sont les indices !

Est-ce que nous devrions vivre avec la peur au ventre, rien qu’en ouvrant les journaux, rien qu’en ouvrant les yeux sur la misère toujours plus grande qui atteint nos contemporains, dans ce déséquilibre toujours plus grand entre pauvres et riches… ?

Mais justement, c’est au cœur de cette réalité-là, qui est la nôtre, que Dieu a décidé d’être proche de nous à sa façon toute particulière : en venant au monde, en grandissant, en accomplissant le même parcours que tant d’enfants, de femmes et d’hommes sur la terre.

Le premier Avent, la première attente avait duré des siècles, jusqu’au premier Noël dans la moiteur d’une étable – ou l’humidité d’une grotte, selon les traditions…

Avez-vous déjà réfléchi au nombre de prières qu’il a fallu pour tenir bon jusque-là, à la somme de confiance nécessaire pour que cette attente trouve son accomplissement au jour de Noël ?

 

C’est vrai, nous, nous sommes après ces événements. Nous, nous sommes, dans le temps d’une «seconde» attente, celle qui verra l’accomplissement de toutes les promesses ; pourtant, je me demande parfois si nous ne vivons pas toujours un peu comme les femmes et les hommes du Premier Testament – et si nous n’espérons pas sans trop y croire le retour annoncé du Christ, puisqu’il tarde tant !

Les gens d’alors espéraient un Sauveur, un Libérateur ; ils avaient différents avis sur la manière dont «il» serait le Sauveur, et pourtant, toutes et tous attendaient un personnage charismatique, visible dans sa grandeur, parfaitement évident dans sa mission divine – et voilà que Jésus arrive, comme un bébé, pareil à tous les autres…

Qu’est-ce que nous espérons, nous? Quand nous pensons à Dieu, quand nous pensons au retour du Christ, peut-être que nous sommes imprégnés des récits d’apocalypse qui ponctuent la Bible, peut-être que nous imaginons le jour du Jugement dernier comme une manifestation spectaculaire de la part de Dieu, comme un chamboulement général dont nous ne parviendrons pas à mesurer tous les paramètres…

 

Hors de nos églises, nos contemporains disent de plus en plus souvent leur impression que Dieu est bien étrange et étranger, et qu’en regardant le monde, il leur est impossible de croire ce Dieu réel, ce Dieu proche d’eux ; j’entends parler de Dieu comme d’un grand ordonnateur qui se serait retiré du jeu une fois la terre lancée, nous laissant les bras ballants à chercher comment cultiver le moins mal possible une terre dont ce Dieu aurait oublié de nous donner le mode d’emploi ! Je voudrais bien leur dire que c’est «autrement», mais je reste sans voix à contempler ce monde, dans lequel nous vivons, et qui ne montre plus tellement de signes d’espérance …

 

Alors je dois dire que les textes de promesse de toute à l’heure me sautent au visage, comme autant de signes donnés à mon désarroi et à celui des gens de ce temps, comme autant d’appels à ne pas laisser le quotidien nous désespérer… J’y lis que l’Evangile n’ignore pas notre mal de vivre, et nos craintes, et nos incertitudes ; j’y lis que la Bible ne méprise pas notre angoisse et nos frayeurs, qu’elle les prend en compte de sa manière à elle, en nous encourageant à la vigilance et à la prière comme les deux évidences d’une attente confiante et productive de sens.

 

Aujourd’hui, c’est possible pour nous d’entendre dire avec assurance « le Seigneur vient ! » ; aujourd’hui c’est possible pour nous d’annoncer le Règne d’un Dieu qui aime ses créatures ; aujourd’hui, alors même que les canons n’en finissent pas de faire entendre leur voix sordide, que des famines tuent plus encore que les fanatiques, et que des innocents périssent, l’Avent nous dit de tenir bon, de ne pas renoncer à la vie et aux vraies valeurs, de ne pas croire que l’échec apparent de vingt siècles de Christianisme est le dernier mot de Dieu.

Aujourd’hui, avec d’autant plus de force, c’est possible pour nous d’entrer en Avent comme on entre en religion : en faisant le pari sur Dieu et ses promesses, quitte à paraître un peu fous, en revenant encore et toujours à la source qui remplit le puits que nous sommes… Car c’est quand nous rayonnons, quand nous débordons de la Présence de Dieu, que toutes et tous peuvent profiter de la grâce qui nous est faite.

©2009 Olivier Sandoz

15.11.2009

Comment on se donne - Marc 12, 41-44

1 Rois 17, 10-16 ; Hébreux 9, 26-28

Vous est-il déjà arrivé de vous dire : « il me manque quelque chose » sans trop bien savoir quoi ? …comme un vide, comme une absence, comme une envie, un besoin un peu vague, mais bien présent ?

 

Il me manque quelque chose…

 

Je lisais les récits de la Bible, ce matin, et je voyais ces veuves – des femmes qui n’ont pas un statut enviable dans la société d’alors, sans possibilité de prendre la parole, de défendre leurs droits dans un milieu ou le masculin fait la loi -, je voyais ces femmes partager, donner la seule garantie de leur survie pour le service de Dieu… ! Certains diront que c’est de l’inconscience, Jésus parle plutôt d’une confiance exemplaire… Qu’est-ce qui peut donc pousser quelqu’un à qui il manque presque tout à donner le petit peu qui lui reste ?

 

« Dans sa pauvreté, elle a offert tout ce qu’elle avait pour vivre : quelques centimes… » : imaginez la scène qui nous est décrite ce matin : Jésus, assis près du tronc aux offrandes, qui regarde les gens déposer leurs dons… Le Christ qui regarde la foule mettre de l’argent dans le tronc, alors qu’on nous a tellement appris à ne pas trop montrer, à rester discret, de façon à ce que « la main gauche ignore ce que fait la main droite »… Jésus qui regarde…

 

Je ne me vois pas très bien demander aujourd’hui aux conseillères de service : « Dites dons, regardez voir ce que les gens mettent dans le tronc ce matin… » ! Il y aurait un sacré malaise de part et d’autre, non ?

 

Mais Jésus ne regarde pas tellement CE que la foule donne que COMMENT elle le donne… et c’est ce qui fait toute la différence, voyez-vous, COMMENT on offre…

 

Comment on donne, c’est aussi comment on SE donne, ce n’est pas innocent pour notre vie spirituelle ! Si on offre du superflu, tant mieux pour la communauté qui va en bénéficier, mais… dommage pour nous-mêmes, si c’est à l’image de notre état d’esprit à l’égard de Dieu… Dommage pour nous si cela signifie que nous reconnaissons bien à Dieu une place, mais dans le superflu, dans ce qui ne nous est pas essentiel pour vivre : un Dieu en marge, un petit « plus » qu’on s’accorde si l’occasion se présente, sinon tant pis !

 

Vous le savez bien, rien n’est indifférent, rien n’est trop petit devant Dieu, de nos petites ou grandes misères, de nos petites ou grandes joies. Lui, Il peut tout partager, tout prendre sur Lui… La femme qui dépose ses derniers centimes dans le tronc accomplit un acte de confiance, parce que pour le faire, elle doit croire en profondeur que Dieu pourvoit, parce que pour le faire, elle doit être assurée à l’intérieur d’elle-même de l’abondance qu’elle va trouver en Dieu.

 

Comme la veuve de Sarepta, qui décide d’entrer dans le jeu de Dieu avec Elie, avec son fond de farine et son bol d’huile… en période de famine, elle qui a un enfant à charge, elle nourrit encore un inconnu – même si cela n’allait pas de soi !

 

Il me semble que nous sommes invités ici à méditer notre consécration au Dieu de Jésus-Christ, à un Dieu qui comme le rappelait la lettre aux Hébreux a TOUT DONNÉ, qui s’est tout donné à nous – sans que nous mesurions bien ce que cela veut dire, ce que cela représente !

C’est vrai que nous avons des besoins à combler, c’est vrai que les tentations du monde moderne sont multiples – les publicitaires savent très bien exploiter ce filon, cette faiblesse humaine d’un manque permanent… nous n’y échappons que rarement, d’ailleurs ! …reste que la question qui devrait nous travailler en profondeur, c’est de savoir si nous nous y prenons vraiment bien, nous qui ne nous sentons jamais vraiment rassasiés, jamais entièrement satisfaits de notre condition : « chez le voisin, l’herbe semble plus verte… ».

 

Dans ma lecture, l’Evangile de ce jour nous propose une autre piste : et si ce qui nous manquait surtout, c’était la présence de Dieu ? Et si cela même que nous mettons souvent en priorité, qui fait notre apparent sécurité, n’était en fait qu’un obstacle à un vrai rassasiement, une plus grande proximité de Dieu, de ce Dieu qui nous offre la vraie vie ?

 

La femme peut donner ce qui lui est nécessaire pour vivre parce qu’elle est sans doute déjà entrée dans le secret de l’amour de Dieu, dans le comblement de ses vides, de ses manques intérieurs : en Dieu, elle a tout ce qui lui est nécessaire pour vivre !

 

Comment on donne, comment on SE donne : ce matin, j’ai envie de nous laisser avec cette question. Pas comme quelque chose de menaçant, - Dieu ne « vérifie » pas ce que nous donnons ! -, mais comme une occasion de méditer sur le superflu et le nécessaire, sur notre façon de combler nos vides tout en restant d’éternels insatisfaits. Avec cette proposition : nous remettre, nous EN remettre à Dieu en lâchant tout le reste... On essaie ?

©2009 Olivier Sandoz 

(Avec la paroisse de langue allemande) Un coeur ouvert à la diversité - Genèse 11, 1-9

Jean 10, 11.14-16 ; 1 Corinthiens 12, 12-20

La tour de Babel… le commencement de tous nos ennuis ! parce que c’est bien difficile de se comprendre, quand on parle une langue différente – puisque c’est même parfois déjà compliqué quand on parle la même !

 

Traditionnellement, l’acte de ce Dieu qui vient mettre le désordre dans le langage des hommes est considéré comme une punition de l’orgueil humain… mais à y regarder de plus près, on verra que l’ «harmonie» supposée régner n’est qu’uniformité : les gens parlent la même langue, utilisent les mêmes mots… et ils disent tous la même chose ! …ils ont poussé l’uniformité jusqu’à n’avoir plus qu’un seul discours, qu’ils se répètent les uns aux autres. Ces « slogans » nous font curieusement penser au fonctionnement de bien des dictatures, passées ou présentes… Alors Dieu dit non à l’uniformité ! Paradoxalement, en mettant du désordre dans les langues, Dieu fait acte de bienveillance !!

 

Et la vraie question qui devrait toujours nous préoccuper, c’est de savoir si nous n’avons pas nous aussi des «tours de Babel» à démolir pour que chacun(e) trouve la possibilité d’exister pleinement, avec sa vérité. Si l’on confesse que Dieu a créé le monde dans sa diversité, Il continue à créer en prenant en compte ce que fait l’humanité – et en réagissant à la dérive humaine quand elle s’éloigne un peu trop de l’idée de départ, qui privilégiait la diversité.

 

Et puis, l'apôtre Paul nous le rappelait il y a un instant, un corps c'est fait de nombreuses parties, avec des fonctions diverses, des visibles et des secrètes, celles qui sont évidentes et celles qui restent dans l'ombre, celles que l'on connaît bien et celles qui sont un peu mystérieuses... Un corps, c'est une infinie variété de formes, de dimensions, de couleurs, d'expressions, de fonctions également, mais tout cela concourt à une seule identité, à la représentation globale d'une seule personne.

 

Alors pour nous rassembler avec nos diversités, nos différences, nos complémentarités, Dieu nous donne d’être le "corps du Christ", le corps de Dieu sur la terre : jamais on n'arrivera à dessiner le visage de Dieu, il est trop surprenant pour qu'on en fasse une représentation ; par contre, voilà son corps ! Dans cette église aujourd'hui, vous voyez Dieu, vous voyez le corps du Christ ! Ne le cherchez pas sur une croix, sur un vitrail, un dessin, une peinture ou une statue... Ne pensez pas non plus qu'Il est caché dans un recoin sombre, ou qu'Il va nous faire la surprise de jaillir de tout là-haut dans la chaire... Regardez bien, ouvrez grands les yeux, les oreilles, Dieu est là !

 

Vous voyez, depuis Babel, il y a cela d’extraordinaire que si nous voulons nous comprendre, il ne suffit plus de donner un  ordre, mais il faut aller vers l’autre, s’intéresser à lui pour essayer d’entrer dans sa réalité, ses mots parfois bizarres, ses expressions qui ne sont pas les nôtres… Et après tout, est-ce que ce n’est pas justement cela, la vraie relation, le vrai intérêt, les vrais égards que nous montre le Christ à travers sa « pratique d’humanité » ? 

 

Ainsi en venant célébrer ensemble ce matin, paroissiens de langues différentes, nous posons un signe : parce que Dieu a dispersé à l’époque de la Tour de Babel, et parce que le Christ est venu nous rassembler avec nos différences plutôt que de nous laisser nous fuir, il nous est offert aujourd’hui de pouvoir consciemment, volontairement revenir les uns vers les autres, - et même de partager tout à l’heure le repas du Seigneur. Ce n’est plus un slogan qui nous rassemble, c’est l’ouverture de notre cœur à la différence… une diversité bénie, rendue bonne, par Dieu Lui-même. 

©2009 Olivier Sandoz