10.09.2009
Avec les Soeurs à Grandchamp "Ne négligez pas la grâce..." - Luc 4, 31-37
2 Co 6, 1-10
Un enseignement nouveau, une parole nouvelle, donné avec autorité !
C'est sous cette forme, sous cet "habit" que nous sommes appelés à recevoir l'Evangile aujourd'hui comme hier, quand à Capharnaüm les gens s'étonnaient...
Vous avez sans doute déjà jeté une pierre dans l'eau, quand la surface est calme: il y a d'abord le gros "plouf !" de la pierre qui perce l'eau, et puis les cercles concentriques, qui de tout petits s'étendent, s'étendent alentours. Et bien, il en va de l'enseignement de Jésus comme d'une pierre jetée dans la mare!
Voyez l'exemple d’aujourd’hui : une parole d'autorité, une parole puissante qui délivre un homme de ses démons - nous reviendrons d'ailleurs à ces démons tout à l'heure ! – et cette parole et son premier effet - le "plouf !" - de guérison provoque d'abord, nous dit le texte une crainte religieuse, un étonnement mêlé de crainte auprès des témoins de la scène - premier cercle concentrique -, puis une rapide renommée dans toute la région - plus grand cercle concentrique - jusqu'à NOUS parvenir, des milliers de kilomètres plus loin et des siècles plus tard !!!
L'assistance, déjà, nous dit le texte, était étonnée AVANT la guérison: Jésus parle, Jésus enseigne - comme bien d'autres maîtres de l'époque, bien d'autres rabbins -, mais, à leur différence, il le fait "avec autorité, avec puissance"... L'entendre Lui, ce n'est pas comme entendre n'importe quel prêtre, n'importe quel pasteur, c'est entendre une voix qui résonne jusqu'au cœur, jusqu'aux racines de notre être, c'est entendre une Parole "efficace", une parole qui met en route - un pavé dans la mare de nos déceptions, de nos désespoirs, de nos échecs...
C'est là qu'arrive le possédé, l'homme en proie au démon, à un "esprit impur", un esprit mauvais... Vous savez, il n'est pas besoin de chercher bien loin pour nous reconnaître nous aussi dans ce personnage... quelquefois ballottés, sans volonté propre, au gré des événements ou "victimes" malheureuses de situations qui nous échappent, dont nous ne démêlons plus les fils, qui nous dépassent complètement… Nous avons peu la maîtrise de ce qui se passe autour de nous... Pas besoin d'aller bien loin, comme je le disais, et de chercher du côté de telle ou telle magie noire pour pouvoir nous reconnaître en cet homme qui survient, en pleine synagogue, en plein enseignement...
Quand notre regard sur le monde nous dit la dureté de la condition humaine, nous dit l'espèce de fatalité qui conduit l'être humain au bout de l'espoir, à bout d'espoir, jusqu'à la mort, nous entendons en écho l'apôtre Paul nous rappeler à la fois la libération qu'il a reçue de Christ - comme l'homme de l'Evangile du jour -, et le choix d'être au service de tous parce qu'au service de Dieu : « nous vous exhortons à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu ! »
Prenez le temps de réfléchir à vos "démons"... prenez le temps de penser à ce qui vous enchaîne, à ce qui vous blesse, à ce qui vous entraîne là où vous ne voudriez pas aller... C'est sûrement ça, le plus difficile: reconnaître nos entraves, nos impossibilités, nos faiblesses, et les dire - l'Evangile nous raconte que l'esprit mauvais se "crie" ! Nous-mêmes, nous ne pouvons pas lutter, nous n'avons pas la force, ni même souvent la volonté suffisante pour extirper de nous ce qui nous fait mal - et qui peut faire mal aux autres.
Comment nous battre contre nous-mêmes, contre ce qui fait partie de nous-mêmes ? Il faut un arrachement, un accouchement, une autre naissance à nous-mêmes, que seule, je le crois, la grâce de Dieu peut opérer en nous... Mais il nous restera toujours d'abord à dire nos démons, à les nommer pour les mettre à distance... sans pourtant se laisser gagner par la peur : "L'esprit mauvais jeta l'homme à terre et sortit de lui – sans lui faire aucun mal !"
En jetant ce "pavé dans la mare", Jésus nous ouvre - aujourd'hui encore ! – à l'étonnement.
A l"étonnement de Le découvrir, Lui le Christ, en position de NOUS délier, de NOUS délivrer quand nous croyions être installés dans l'immuable, quand nous nous étions peut-être "fait une raison", quand nous avions définitivement baissé les bras, quand nous avions installé Dieu dans Son ciel lointain…
Nous entendons souvent dire qu’"il n'y a pas de miracle"… Pour qu'il y en ait un, il faut notre cri - pas notre résignation : « nous vous exhortons à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu.»
Ne négligez pas la grâce que vous avez reçue de Dieu !
© 2009 Olivier Sandoz
18:30 Publié dans Luc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bible, christianisme, protestantisme, foi, prédication



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