12.10.2008
Le jour de la vengeance du Seigneur - Esaïe 61
Esaïe 61, 1-2
Ma méditation parmi celles des autres officiants à un culte d'onction d'huile et d'imposition des mains
Quel beau texte ! Quelle magnifique espérance ! et quelle belle mission :
« 1 L'Esprit du Seigneur DIEU est sur moi.
Le SEIGNEUR a fait de moi un messie,
il m'a envoyé porter joyeux message aux humiliés, panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l'évasion, aux prisonniers l'éblouissement,
2 proclamer l'année de la faveur du SEIGNEUR,
le jour de la vengeance de notre Dieu,
(…)
Eh, attendez ! Ça, ça ne va pas ! Ça ne « colle» pas avec le reste, ce « jour de la vengeance de notre Dieu » ! …
Vengeance ? punition, représailles, vindicte, réparation dit mon dictionnaire des synonymes…
Il y a des Chrétiens qui referment leur Bible quand apparaît ce terme, ce mot qui s’accorde tellement mal avec le commandement d’amour, avec l’image quand même parfois un peu douceâtre qu’on s’est faite du Dieu de Jésus-Christ… Ou alors on dit : «Oui, mais c’est l’Ancien Testament, là où il y a plein de violence et de morts – moi je ne le lis plus ! ».
Pourquoi ce « jour de vengeance » au milieu des cris de joie, des cris de libération, avec cette « année de faveur du Seigneur » ?
Il me semble pourtant que ce serait hypocrite de ne pas intégrer AUSSI la vengeance à ce moment de triomphe.
Quoi ? Dans mon quotidien, il arrive si souvent que des choses m’énervent, que des bruits, des complications, des gens me « dérangent » au point que je pourrais les envoyer promener sans vergogne, et là, tout à coup, tout serait baigné de béatitude ? … Le Dieu de la Bible connaît la nature humaine… Il m’invite non seulement à me tourner vers Lui avec mes péchés, mais aussi à Lui apporter ceux des autres à mon égard.
Je réfléchis tout haut : si au lieu de me venger moi-même de telle personne, en lui rendant le mal qu’il m’a fait, je confie cette colère et cette violence à Dieu, si je dis à Dieu « Venge-moi ! » plutôt que de passer moi-même à l’acte – et puisque je crois que Dieu exauce mes prières -, c’est bien un geste de vengeance que j’attends de la part de Dieu ! Au jour de la victoire, j’espère bien que les comptes seront réglés…
Est-ce que je peux comprendre qu’ils le soient « à la manière de Dieu » ?- « Venge-moi ! », ce qui veux-dire : « J’accepte que Tu rendes justice, à Ta manière »…
Vous avez entendu le verset ? Vous avez remarqué le décalage ? Un jour pour la vengeance, mais une année pour la faveur du Seigneur !
Dieu saura que faire de ma violence, pour peu que je la Lui donne. Dieu saura la canaliser – la concentrer sur un jour seulement – pour en faire quelque chose qui construit…
Parce que, par-dessus tout, comme le disait un réformateur, « Dieu est plus grand pardonneur que l’homme n’est pécheur » … !
© 2008 Olivier Sandoz
15:30 Publié dans Esaïe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, bible, foi, protestantisme, méditation, prédication
13.05.2007
Moi, je ne t'oublie pas - Esaïe 49, 14-18
Apocalypse 21, 10-14.22-23; Jean 14, 23-29
« Moi, je ne t’oublie pas, j’ai ton nom gravé sur les paumes de mes mains » - promesse du Seigneur !
A quatre jours de l’Ascension, de la célébration de cette « montée en gloire » du Christ vers le Père, ces paroles du livre d’Esaïe sont pour nous, n’en doutez pas ! Pour que nous non plus, nous n’oubliions pas, pour que nous non plus, nous ne nous sentions pas abandonnés, même s’il y a eu ou s^’il y a un départ…
Ça aurait pu être la fin de toute l’aventure : Jésus retourné vers le Père, un scénario possible, c’était la dissolution du groupe des disciples, chacun rentrant dans le rang d’un Judaïsme plus ou moins conventionnel ; l’Histoire nous rapporte pourtant qu’il en a été autrement : malgré ce départ, les apôtres ont gardés au cœur le désir de construire l’Eglise, et nous sommes ici grâce à eux et aux générations de croyants qui se sont succédés dans la foi… Comment dès lors ne pas entendre ce « Moi, je ne t’oublie pas … » ?
Je pense aux départs que nous vivons, aux différentes étapes de nos vies, aux moments de changements, de transformations, aux moments de deuils, évidemment… A toutes ces occasions où, peut-être, nous nous sommes sentis abandonnés, délaissés, quelquefois même trahis – par celle ou celui qui nous a quittés, ou par ce Dieu qui nous « laisse vivre de pareilles situations »… Nous pourrions faire nôtre l’exclamation de Jérusalem « Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée ! »… Ces moments où il y avait tout pour plaire, et puis soudain ça s’est grippé, ça s’est cassé… départ…
Visiblement donc, Christ abandonne les siens, à l’Ascension. Un peu plus d’un mois après la Résurrection, après un mois passé dans cette joie d’avoir retrouvé le Crucifié vivant, ressuscité, les disciples resteront bouche bée à scruter le ciel, « dans l’attente qu’il revienne »… Deux mille ans, déjà, rien qu’à regarder le nuages ? Il est vivant, et pour toujours, on le sait… mais loin, si loin ! « Je m’en vais, mais je viens à vous », quelle belle phrase si mystérieuse, après tout !
Comment est-ce que vous la vivez, cette présence du Christ ? Quelle place est-il « venu prendre » dans vos vies ? – chacune, chacun pourrait sans doute en donner témoignage différemment, dans sa foi !
Si tout nous quittait, si notre confiance venait à s’étioler, si les coups redoublés dans nos existences venaient à nous anéantir petit à petit, la seule certitude qui DEVRAIT nous rester, c’est la promesse de Dieu qu’Esaïe résume par ces cinq mots : « Je ne t’oublie pas ».
On peut en vouloir à Dieu et aux hommes de se sentir abandonné, on peut se mettre à crier à l’injustice, à la souffrance ou à la douleur qui nous habite après tel ou tel départ ; on peut aller jusqu’à douter de tout ce qui a fait notre vie, notre foi jusqu’ici, n’empêche : il reste que Dieu a dit « Moi, je ne t’oublie pas, j’ai ton nom gravé sur la paume de mes mains ».
Vous le connaissez aussi sûrement, ce sentiment de soulagement quand on sait compter pour quelqu’un ! Quel bien ça fait, au milieu d’une foule, d’une assemblée où tout le monde connaît tout le monde – sauf nous évidemment ! -, de sortir subitement de l’anonymat en nous faisant interpeller, appeler par notre nom !
« Moi, je ne t’oublie pas », ça ne veut rien dire d’autre que ce que ça dit : je compte, j’ai compté et je compterai toujours pour Dieu. Quoi qu’il arrive, quoi qu’il puisse se passer dans ma foi, dans ma vie ou celle de mes proches, Dieu est fidèle, Dieu est fidélité. Jérusalem, Israël, a son histoire rythmée de toutes les trahisons possibles, toutes les trahisons qu’un peuple peut commettre à l’égard de son Dieu, mais Lui continue à dire « Moi, je ne t’oublie pas ». L’Eglise aussi est parcourue de temps d’obscurité, de trahisons de l’Evangile, de compromis pour plaire aux puissants – mais nous qui la formons ici aujourd’hui, « Dieu ne nous oublie pas, Dieu garde notre nom gravé sur la paume de Ses mains ». Rien ne peut défaire cette fidélité de Dieu, pas même notre infidélité, nos découragements, nos doutes, nos faux prétextes…
« Celui qui doit vous aider, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera et vous rappellera tout ce que je vous ai dit ! » : Christ monte en gloire, mais il demeure présent, fidèlement ; présent aux croyants qui le cherchent, présent à celles et ceux qui désespèrent de le trouver, présent à celles et ceux qui, l’ayant trouvé, voudraient l’enfermer hors d’état d’agir, hors-circuit, mais « réservé pour plus tard »…
Cependant, pour le passé, pour l’avenir, pour maintenant, il est présent. Rappelez-vous toujours ceci : « Moi, je ne t’oublie pas » !
© 2007 Olivier Sandoz
17:30 Publié dans Esaïe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Christianisme, Bible, foi, protestantisme, méditation, prédication


